Bruit de la liberté – jour 2 de grève de la faim

Aujourd’hui, à 4 heures, heure de Téhéran, mon père a pris contact avec nous. Lors d’une courte conversation avec ma mère, il nous a informés que, lors de son arrestation, il a eu plusieurs côtes brisées. Il est en prison, à l’isolement, sous surveillance médicale. Mon père voulait aussi que nous n’attendions pas sa libération, car il restera en prison encore longtemps. S’il y a parmi vous un avocat ou si vous connaissez un homme de loi iranien qui soit patriote, je vous en prie, demandez-lui de déposer plainte contre Nokia car c’est à cause de ses produits que des militants politiques et des journalistes ont été arrêtés.

C’est aujourd’hui le deuxième jour que nous nous sommes réunis ici ensemble, mais cela fait 40 jours que nos votes ont été volés. Il y a 38 jours, l’un de mes plus proches amis, Mohammad Reza Jala’ii Pour, a été arrêté à l’aéroport. Les vols Téhéran-Londres continuent sans retard, mais sa liberté et sa libération sont encore retardées. Aujourd’hui, nous ne sommes qu’à 7 jours du 40e jour du décès de Neda, mais nous entendons encore les chants de la liberté.

L’enterrement de Sohrab a eu lieu il y a 9 jours ; ce n’est qu’au prix d’énormes difficultés que sa dépouille avait été arrachée aux menteurs, qui avaient répété à sa mère, pendant 26 jours, qu’il était à la prison d’Evin, alors qu’ils avaient déjà tué. Mais les tyrans doivent savoir que Sohrab sera toujours pour nous éternel! Aujourd’hui, nous ne connaissons pas encore le nom de ce jeune martyr de 12 ans, encore une autre « poussière » aux yeux des oppresseurs, mais pour tous et chacun d’entre nous, Iraniens, il est un frère ou un fils qui a été tué, un innocent sans aucun crime.

Aujourd’hui, les noms de chaque personne écrits en rouge derrière moi, resteront dans nos mémoires. Aujourd’hui, les personnes en vert se sont positionnées vie devant ces noms en vert, afin que nous puissions vivre libres un jour dans un pays avec un dirigeant honnête. J’espère qu’un jour, nous pourrons tous nous réjouir de notre victoire dans un Iran libre.

Je ne sais pas combien de jours se sont écoulés depuis l’arrestation de mon père, mais chaque jour, j’entends le son de la liberté de plus en plus fort au sein du peuple. Aujourd’hui, « je » n’a pas de sens tout seul, aujourd’hui, «vous» s’adresse à des dictateurs. Aujourd’hui, nous sommes tous ensemble et le monde nous regarde.

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