J’avoue

J’avoue que je suis l’enfant d’un prisonnier. Mon père est prisonnier. J’avoue que je n’en ai pas honte mais, qu’au contraire, j’en suis fier.

J’avoue que mon père n’est pas un voleur, ni un assassin, ni un voyou, ni un émeutier, il est venu du cœur de la poussière et il a soutenu la poussière.

J’avoue que mon père a perturbé le sommeil paisible de pas mal de gens, qu’il est devenu le cauchemar de ceux qui s’étaient rempli les poches en vidant celles du peuple et qui étaient eux-mêmes devenus le cauchemar du peuple.

J’avoue que la sincérité de mon père est reconnue, j’avoue que sa bravoure, dans un monde où les peureux sont les protagonistes, est la source de ses ennuis.

J’avoue qu’ils ont kidnappé mon père et qu’ils lui ont cassé les côtes, j’avoue qu’ils ne l’ont même pas emmené à l’hôpital, et qu’ils l’ont jeté dans une cellule individuelle.

J’avoue qu’ils ne l’ont pas autorisé à voir un avocat ni à téléphoner à sa fille le jour de la fête des pères.

J’avoue qu’ nous n’avons pas eu de ses nouvelles pendant des semaines et que le jour de l’anniversaire de ma mère aucune nouvelle n’est arrivée. Ma mère a passé seule le jour de son anniversaire de mariage. Et j’avoue qu’en raison de son emprisonnement, il ne s’est pas rendu sur la tombe de mon oncle martyr.

J’avoue qu’Isa Saharkhiz est un guerrier et le frère d’un martyr. J’avoue qu’il ne s’est pas servi de ses attributions pour ses besoins personnels et qu’il ne s’en est pas enrichi.

J’avoue que pendant des années, il a travaillé dur, tant au ministère de l’instruction et de la culture, « l’agence de presse » de la République Islamique en tant qu’adjoint, qu’au service de presse des Nations Unies en tant que responsable

J’avoue que mon père travaille dans un pays où le représentant du ministère de la Justice mord j’avoue que dans mon pays celui qui mord a de l’avancement et devient ministre

J’avoue que les loups qui règnent sur mon pays ne trouvent pas suffisamment sauvage celui qui mord et qu’ils l’écartent.

J’avoue que le seul péché de mon père est de ne pas avoir péché. Sa faute est d’avoir dit la vérité. J’avoue qu’il avait déclaré ce qu’il croyait et ce qu’il pensait avant d’être kidnappé. Tout ce qu’ils prétendu qu’il avait dit après, n’est que mensonge et ne reflète pas sa pensée.

J’avoue ma fierté d’avoir un père comme lui. J’avoue que mon espoir est que peut-être un jour je pourrai lui ressembler un peu. Ce sera ma plus grande fierté dans la vie.

J’avoue que mon père et ses amis n’ont pas été interrogés, ils ont été torturés.

Nous avouons que nous avons voté et que nos votes ont été volés.

Nous avouons que, ce qu’ils ont nommé élection, n’était qu’un coup d’état.

Nous avouons que ce n’était pas un procès qui a eu lieu, et que ce que les médias officiels ont diffusé n’était qu’un tissu de mensonges mis en scène comme un film.

Nous avouons que nos frères et sœurs ont non seulement été torturés mais encore sauvagement violés. Nous avouons que Kahrizak n’était pas une prison mais un lieu de torture et de viol.

Nous avouons que les dirigeants qui nous gouvernent se sont largement éloignés de l’humanité.

Nous avouons que nous nous sommes tous soulevés pour réclamer nos droits et que nous ne reculerons pas d’un seul pas.

Nous avouons que vous avez peur de nous qui n’avons pas peur et qui sommes unis.

Nous avouons que, tant que le sang coulera dans nos veines, un Iran libre est notre droit le plus strict.

Nous avouons que nous avons foi en notre victoire et en celle de nos droits.

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